29/04/2021

Décès de Pierre Levavasseur

Annales du Sauvetage Maritime – 1er Semestre 1931

DÉCÈS DE PIERRE LEVAVASSEUR



Le 16 mai ont eu lieu à Calais les obsèques de M. Pierre Levavasseur, chef pilote en retraite, ancien sous-patron du canot de sauvetage, Chevalier de la Légion d'honneur, décédé à l'âge de 88 ans.

Toutes les notabilités du monde maritime calaisien, les autorités, les membres du Comité de Sauvetage, les canotiers de sauvetage ont rendu un hommage mérité à ce brave sauveteur.

M. Léon Vincent, député-maire, Président du Comité de Sauvetage, a résumé les magnifiques états de service de Pierre Levavasseur qui a pris part à 35 sorties du canot de sauvetage au cours desquelles 169 personnes ont été sauvées. Il a terminé son allocution en ces termes : « Je m'incline devant la dépouille mortelle de celui qui honora sa petite patrie et fut l'un de ses plus glorieux enfants ». Le Maire de Calais a donné ainsi un nouveau témoignage de la fierté légitime avec laquelle cette grande cité a toujours honoré ses vaillants sauveteurs.


(Source : gallica.bnf.fr / BnF )

Décès du Commandant Dupendant

 Annales du Sauvetage Maritime – 1er Semestre 1931

DÉCÈS DU COMMANDANT DUPENDANT

 

Le Commandant Dupendant, Capitaine au long cours, Commandant pendant plus de 20 ans du port de Calais, nous a donné un concours particulièrement dévoué en exerçant pendant de longues années la présidence de notre Comité de Calais. Le Commandant Dupendant possédait au plus haut point le "sens marin" acquis au cours de longues et difficiles navigations à la voile. Son autorité ferme, mais bienveillante, était reconnue par tous les marins dont il avait l'entière confiance. Après une carrière bien remplie, il s'était retiré à Saint-Valéry-en-Caux où il est décédé le 19 mai dernier. Le Comité de Sauvetage de Saint-Valéry, les canotiers de sauvetage et une délégation venue de Calais ont accompagné sa dépouille mortelle. Le Président du Comité de Sauvetage, M. Léon Vincent, député-maire de cette ville, a rendu un émouvant hommage à la mémoire de son prédécesseur et rappelé les grands services rendus par le Commandant Dupendant.


(Source : gallica.bnf.fr / BnF )

16/04/2021

Un monument pour l'abbé Lemire

Le Nord Maritime du 09 Septembre 1929

UN MONUMENT POUR L'ABBÉ LEMIRE


L'abbé Jules Lemire (1853-1928), fondateur des jardins ouvriers.
(gallica.bnf.fr / BnF - Atelier Nadar, v. 1890).

Aujourd'hui dimanche, ont lieu, à Calais, de grandes fêtes à l'occasion de l'inauguration du superbe monument érigé à la mémoire du bienfaiteur que fut M. l'abbé Lemire.

Dans la matinée, les sociétés prenant part à la fête, ont été l'objet de réceptions cordiales.

Une messe solennelle a été célébrée à la mémoire de M. l'abbé Lemire et des jardiniers défunts, en l'église Saint-Antoine de Padoue, rue de Constantine.

L'allocution de circonstance fut prononcée par M. le vicaire général Maréchal, délégué officiel de Mgr l'évêque d'Arras.

A 11 heures, vin d'honneur, salle Debras.

A midi, banquet, salons Richelieu.

A 14 h. 45, place d'Armes, rassemblement des sociétés.

A 15 heures, défilé rue Royale, place du Maréchal Foch, boulevard Jacquard, boulevard Gambetta. Une gerbe sera déposée au monument aux Morts de la grande guerre et au Souvenir Français.

A 15 h. 30 : Pont Jourdan, réception officielle des autorités.

A 16 heures, inauguration du monument route de Boulogne; exécution de la cantate par les jardiniers de la section du Fort Nieulay.

A 20 heures, feu d'artifice, rue de Verdun.


(Source : retronews.fr)

Accident ou suicide

Le Nord Maritime du 09 Septembre 1929

ACCIDENT OU SUICIDE

 

Hier après-midi, vers 13 h. 30, un homme simplement vêtu, paraissant âgé d'une cinquantaine d’année, conversait avec des pêcheurs sur le tillac de la jetée Ouest, face au Casino de Calais.
Peu après, il s'éloigna de quelques pas et les pêcheurs en se retournant furent fort surpris de ne plus l'apercevoir.
Mais par contre, un corps humain flottait et se débattait à la surface de l'eau, juste en dessous de l'emplacement où se trouvaient ces différentes personnes.
Le drame fut en un clin d'œil reconstitué : l'inconnu s'était accoudé contre le garde corps de la jetée et... pour quel motif ?... perdit l'équilibre et tomba à la mer.
Un courageux pêcheur, M. Edmond Millien, 30 ans, tulliste à Calais-Sud, qui avait, de l'estacade, assisté à la scène, courut sur la plage, entra dans l'eau et fut assez heureux de saisir à bras-le-corps l'infortuné qui respirait encore faiblement.
Immédiatement il fut transporté au poste de secours du Casino et le chirurgien dentiste M. Bourlon qui se trouvait non loin de là accourut et le premier essaya de ramener à la vie le malheureux.
Dans l’entre-temps, le docteur Drujon, prévenu, arrivait sur les lieux avec M. Manouvrier, commissaire de police de permanence.
Le praticien ne put que constater le décès dû certainement à une congestion.
M. Manouvrier procéda alors aux constatations d'usage.
Sur le corps du cadavre il ne fut trouvé aucun papier permettant d'établir son identité.
Voici son signalement : taille 1 mètre 76, vêtements modestes en cheviote noire, cheveux grisonnants.
Il était chaussé de souliers usagés.
On se perd en conjectures sur les causes de cet accident ou de ce suicide.
Ajoutons que plusieurs centaines de personnes assistaient sur la plage aux péripéties de ce drame rapide autant que mystérieux.


(Source : retronews.fr)

La grande braderie

Le Nord Maritime du 09 Septembre 1929

LA GRANDE BRADERIE

La grande braderie de Calais a débuté hier sous les meilleurs auspices.

L'excellente société des Trompes de Chasse « Le Saint-Hubert Club », de Maubeuge, engagée par le comité de la braderie pour rehausser l'éclat de cette fête, est arrivée dans la matinée à Calais.

Ajoutons que la fête foraine, qui ouvrit le cycle de ses attractions dès le début de l'après-midi, place Crèvecœur, se continue aujourd'hui dimanche.

Au début de la matinée, le Saint-Hubert Club a parcouru les boulevards de Calais-Sud ci les principales artères de Calais-Nord en jouant diverses sonneries.

La braderie se tient Boulevards Lafayette, Jacquard, Pasteur et rues adjacentes jusqu'à la rue des Fontinettes.

Une belle animation règne autour des éventaires. La foule circule en rang pressés autour des camelots et des magasins « soldant à vil prix ».

 

(Source : retronews.fr)

Un pharmacien sous les verrous

Le Nord Maritime du 28 Mai 1926

UN PHARMACIEN SOUS LES VERROUS

 

Une affaire de vente de stupéfiants, dans laquelle est compromis un pharmacien de Calais, M. Picot, vient d'être découverte à Bordeaux.
Deux artistes de music-hall, les époux Darlys, venus à Calais pour une représentation, se présentèrent à la pharmacie Picot et déclarèrent qu'étant morphinomanes, ils désiraient avoir quelques ampoules de cette drogue prohibée.
Le pharmacien qui avait réussi à se procurer une certaine quantité de morphine, lors de la liquidation d'un stock anglais, leur remit quelques ampoules.
Les artistes quittèrent Calais pour Bordeaux et de là, écrivirent au pharmacien, qui leur fit plusieurs envois.
Mais, en possession des ampoules de morphine, les époux Darlys en revendirent à diverses personnes.
La police de Bordeaux ayant eu vent de l'affaire, arrêta les coupables qui déclarèrent s'être procurés cette drogue à Calais.
La police parisienne, avisée, délégua à Calais MM. Bayard, commissaire à la Sûreté Générale et Bouscatel, inspecteur de la sûreté.
On estime que la pharmacie Picot aurait vendu ou expédié environ six cents ampoules aux époux Darlys depuis leur venue à Calais.
En présence de ces charges et des aveux du pharmacien, celui-ci a été mis en état d'arrestation et dirigé sur la prison de Boulogne.

 

(Source : retronews.fr)

11/04/2021

Un banquier repêché

Le Gaulois du 20 Juillet 1928

UN BANQUIER REPÊCHÉ


Alfred Loewenstein (1877-1928), milliardaire belge, tombé de son avion au-dessus de la Manche,
à 1000 m d'altitude. (wikipedia.org)

Calais, 19 juillet.

Un bateau de pêche de Boulogne est rentré au port de Calais, vers 19 heures, ayant à son bord le cadavre du banquier belge Lœwenstein.

C'est le bateau piloté par M. Jean-Marie Beaugrand, de Calais, qui a trouvé le corps de M. Lœwenstein, flottant à dix milles au large du cap Gris-Nez. Après avoir hissé le cadavre à bord, le pilote a reconnu l'identité du noyé, et a mis le cap sur le port, où le bateau est arrivé à 19 h. 15.

A l'arrivée à Calais, le corps a d'abord été déposé sur le quai de la Colonne, où a eu lieu la première enquête.

L'identification du banquier Lœwenstein est certaine : un bracelet-montre portait sur la face intérieure l'inscription suivante : « Captain A. Lœwenstein, 35, rue de la Science, Bruxelles. »

Le maire de Calais, M. Léon Vincent, a fait un constat officiel.

Au moment où il fut repêché, le corps flottait à la surface, le visage tourné vers l'eau.


(Source : retronews.fr)

Les souverains espagnols à Calais

Le Gaulois du 17 Juillet 1926

LES SOUVERAINS ESPAGNOLS À CALAIS


Le général Miguel Primo de Rivera (1870-1930) - (wikipedia.org)


Le général Primo de Rivera a quitté hier matin l'ambassade d'Espagne, à huit heures, en compagnie du maréchal Pétain et de M. Quinonès de Léon, ambassadeur d'Espagne en France.

Un train spécial attendait le « dictateur » en gare du Nord à destination de Calais.

Le général de Rivera a été reçu à la gare par le haut personnel de la Compagnie des chemins de fer et par les représentants des ministres des affaires étrangères et de la guerre.

Pour chacun d'eux, le Premier espagnol a eu un mot aimable; il a serré longuement les mains du maréchal Pétain et de M. Quinonès de Leon.

Le train a quitté Paris à 8 h. 28. Le chef du gouvernement espagnol a retrouvé à Calais le roi Alphonse XIII et la reine Victoria, qui, par le même train spécial, rentrent en Espagne via Stains-Pierrefitte, sans s'arrêter à Paris.

Calais, 16 juillet.

Le général Primo de Rivera est arrivé à Calais-Maritime à midi, accompagné du maréchal Pétain, du général Georges, du contre-amiral Vedel, du général Jordana, de M, Quinonès de Léon, ambassadeur d'Espagne. Après avoir déjeuné dans le wagon-restaurant, ils ont été salués à leur descente de train par le préfet, le sous-préfet et le maire de Calais.

Le général Gouraud est arrivé à 15 h. 15. Il s'est rendu auprès du général Primo de Rivera qu'il a salué, puis le gouverneur de Paris s'est embarqué pour Douvres.

Le roi et la reine d'Espagne, accompagnés du marquis de Bendana et le duc de Miranda, sont arrivés par le paquebot à 14 h. 15.

A sa descente du navire, le roi d'Espagne a embrassé le général Primo de Rivera, puis s'est fait présenter les personnalités. Les souverains ont été reçus par le contre-amiral Vedel, chargé par le président de la République de se mettre à la disposition des souverains. La femme du maire de Calais a offert des fleurs à la Reine, qui a remercié.

Les souverains espagnols sont partis par train spécial à 14 h. 40. On ne signale aucun incident.


(Source : retronews.fr)

09/04/2021

Une intervention de Pierre Delhaye

Annales du Sauvetage Maritime – 4e Trimestre 1889

UNE INTERVENTION DE PIERRE DELHAYE


Andreas Achenbach - Dommages à la jetée (1861). (picryl.com)

Calais, 2 novembre 1889, à 10 heures 3/4 du soir.

Le préposé Pierre Delhaye sauve, à l'aide de la ligne Brunel, le nommé Matters, marin à bord du paquebot Victoria, qui, en voulant regagner son bord, était tombé dans le port, et un autre marin du Victoria qui s'était jeté à la nage pour porter secours à son camarade.


(Source : gallica.bnf.fr / BnF )

Des marins à l'eau

Annales du Sauvetage Maritime – 2e Trimestre 1889

DES MARINS À L'EAU


Andreas Schelfhout - A la plage. (picryl.com).


A Calais, le 13 juin.

Deux hommes du vapeur anglais Victoria ont été sauvés dans les circonstances suivantes par les pilotes Blondel et Germe appartenant tous deux à l'équipage du canot de sauvetage :

Le paquebot Victoria de la compagnie anglaise London-Chalam était mouillé à environ un mille du port dans le nord des jetées de Calais, attendant la marée pour entrer. Deux hommes de ce navire se jetèrent à l'eau pour se baigner sans qu'on en eût connaissance à bord. Emportés par le courant dans la direction du N.-O. qui les éloignait à la fois du port et du navire, ils se seraient infailliblement noyés, lorsqu'ils furent heureusement aperçus des jetées par les pilotes Blondel et Germe. Ceux-ci embarquèrent au plus tôt dans leur bateau et se portèrent au secours de ces deux hommes qu'ils recueillirent à bord au moment où à bout de forces ils allaient périr. Des soins leur furent aussitôt prodigués et ils furent amenés sains el saufs à Calais.

La conduite des pilotes Blondel et Germe dans cette circonstance est digne d'éloge, et. nous nous plaisons à signaler ces deux braves marins qui ont, à plusieurs reprises déjà, donné des preuves de leur courage et de leur dévouement dans différents sauvetages opérés par les canots de la Société centrale à Calais.


(Source : gallica.bnf.fr / BnF )

03/04/2021

Décès de Jean-Jacques Pollet

 Annales du Sauvetage Maritime – 3e Trimestre 1894

DÉCÈS DE JEAN-JACQUES POLLET

 

Les funérailles du pilote Jean-Jacques Pollet ont eu lieu le 22 mars dernier. Dès avant l'heure fixée pour la levée du corps, les pavillons des bateaux pilotes étaient en berne, de même que celui du capitaine du port.

A neuf heures, le clergé arrivait à la maison mortuaire, où l'avait précédé un peloton de troupes de la garnison chargé de rendre au défunt les honneurs militaires. La levée du corps a été saluée par une sonnerie qui a produit le plus saisissant effet.

Le cortège s'est mis en marche dans l'ordre suivant : En tête, les clairons du piquet d'honneur, puis venait le clergé précédant le corps, dont les cordons du poêle étaient tenus par MM. Fernand Matis, président de la Société des Sauveteurs du Calaisis; Chanson, président de la Société Humaine; Delannoy, pilote, chevalier de la Légion d'honneur, grand prix Monthyon; Capart, pilote, chevalier de la Légion d'honneur.

On remarquait dans le cortège funèbre, la bannière de la Société Humaine de Calais; le drapeau de la Société des Sauveteurs du Calaisis, porté par le brave sauveteur Doëns; les décorations du défunt portées sur un coussin par le courageux sauveteur Delannoy, dont la poitrine est toute constellée de médailles; le corps des anciens pilotes et ceux en activité, au grand complet, etc.

Ensuite, venaient de nombreuses et jolies couronnes, entre autres celles offertes par la Société des Sauveteurs du Nord, la Société Humaine, la Société des Sauveteurs du Calaisis, la Corporation des pilotes, le personnel de la maison Sloan, etc.

Le deuil était conduit par les fils du défunt, accompagnés de MM. Noël Pollet, Jacques Pollet, Charles Lamy, Alexis Dutertre, Alfred Lavoine, beau-frère, beau-fils et cousins du défunt. Parmi la nombreuse assistance, on remarquait la présence de MM. Patau, commissaire de l'inscription maritime; le commandant du port; Guichon, ancien officier de port; le capitaine Jutelet, chevalier de la Légion d'honneur; Jean Mulard, armateur, ancien président du tribunal de commerce; une délégation du personnel des Ponts et Chaussées, etc.

Un pilote de Dunkerque, le brave M. Lefebvre, a tenu à envoyer à Calais, pour assister aux obsèques de son collègue, sa dame, sa fille aînée et son fils; il est juste d'ajouter que ce brave et le défunt avaient été promus le même jour dans l'ordre de la Légion d'honneur. Cette marque d'estime et de sympathie fait honneur à l'esprit de solidarité des pilotes dunkerquois.

Au cimetière, deux discours ont été prononcés, le premier par M. Chanson, président de la Société Humaine; le second par M. Matis, président de la Société des Sauveteurs du Calaisis.

 


(Source : gallica.bnf.fr / BnF )

Décès de Maurice Delannoy

Annales du Sauvetage Maritime – 2e Semestre 1931

DÉCÈS DE MAURICE DELANNOY


Nous avons été particulièrement émus par la disparition subite du brave Maurice Delannoy, patron du canot de sauvetage Maréchal-Foch, de la station de Calais.

Fils et neveu de grands sauveteurs, Maurice Delannoy a continué la glorieuse tradition de sa famille. Tous ceux qui ont assisté à nos dernières assemblées générales connaissaient sa physionomie à la fois si énergique et si douce; ils aimaient applaudir à ses exploits.

Il avait reçu, à l'Assemblée générale de 1930, la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur, avec cette citation qui résume sa belle carrière de sauveteur :

« Trente ans de services comme canotier ou patron. A dirigé ou pris part à 30 sorties au cours desquelles 59 personnes ont été sauvées. »


(Source : gallica.bnf.fr / BnF )

30/03/2021

Des sportifs imprudents

Annales du Sauvetage Maritime – 2e Semestre 1931

DES SPORTIFS IMPRUDENTS


Andreas Achenbach - Marine (1863) - (picryl.com)

Le vendredi 14 août dernier, le chef-pilote Pierre Levavasseur, patron du canot de sauvetage, était de service de mer à bord du bateau pilote Neptune.

Vers 10 h. 30 environ du matin, il fut avisé, par les pilotes de veille à la tour-vigie, que trois sportsmen quittaient séparément le port sur trois flotteurs dits skis et dans l'intention de traverser le détroit du Pas-de-Calais. Dès que ceux-ci eurent doublé les jetées, ils furent emportés par un courant de flot violent qui se manifestait alors. La mer devint de plus en plus houleuse et un vent frais d'est-nord-est soufflait.

Convaincu du danger que couraient les trois hommes, et d'un commun accord avec ses camarades pilotes également embarqués sur le Neptune, Pierre Levavasseur prenait la décision de les suivre. Il dirigea son bateau vers les trois imprudents qui luttaient, à la fois, contre les deux éléments, le vent et la mer. Il fut assez heureux pour en recueillir deux qui se trouvaient alors à trois milles environ dans l'est-nord-est du port et qui étaient exténués de fatigue.

Le troisième sportsman était recueilli à son tour par la drague Boulogne-II des Ponts-et-Chaussées, dont le capitaine avait également été alerté par le danger que couraient les trois hommes.

Le Député-Maire,

Président du Comité de Sauvetage,

Léon Vincent.


(Source : gallica.bnf.fr / BnF )

Le vapeur "Afon-Dulais"

Annales du Sauvetage Maritime – 1er Semestre 1927

LE VAPEUR AFON-DULAIS


 
Andreas Achenbach - Bateau à aubes dans une mer houleuse (picryl.com)

Le 16 janvier 1927, à 6 heures et demie du matin, l'Officier de service au bureau du Port vint me prévenir que le vapeur anglais Afon-Dulais s'était mis à la côte à un mille à l'est du Phare de Walden. J'ai jugé qu'il était nécessaire de se rendre sur les lieux pour s'assurer de sa situation. Je fis prévenir l'équipage du canot de sauvetage à moteurs Compagnie Générale Transatlantique et nous partîmes par nos propres moyens. Arrivé près du vapeur échoué, j'ai demandé au capitaine s'il avait besoin d'assistance; sur sa réponse négative, je restai néanmoins sur les lieux jusqu'à la marée montante et attendis que le vapeur soit parti. A 9 h. 30 du matin je fis route pour le port où nous sommes arrivés à 10 heures et demie.

Le Patron du canot de sauvetage.

A. Delannoy.


(Source : gallica.bnf.fr / BnF )

29/03/2021

Le sauvetage du "Jeanne-d'Arc"

Annales du Sauvetage Maritime – 1er Semestre 1926

LE SAUVETAGE DU JEANNE-D'ARC


Andreas Achenbach - Dans la tempête (1895) - (picryl.com)

Le 13 Janvier 1926, le dundee Jeanne-d'Arc est jeté à la côte entre Calais et Gravelines, près d'Oye, par une violente tempête de nord-est. Notre canot de sauvetage à deux moteurs Compagnie Générale Transatlantique part peu après avoir été prévenu. A 11 h. 15 il est sur les lieux; la mer roule et déferle autour du dundee couvert par les lames; sous peine d'être balayé, l'équipage ne peut se tenir qu'à l'extrême avant. Notre canot mouille au vent, mais la manœuvre d'approche est extrêmement délicate et dangereuse : notre patron Delannoy doit s'approcher et s'éloigner à huit ou dix reprises, ne sauvant chaque fois qu'un ou deux hommes de l'équipage. Malgré le danger d'être roulé en côte, il persiste jusqu'à ce que les onze hommes soient recueillis. C'est bien à l'habileté de la manœuvre exécutée avec le plus grand art nautique par Delannoy, à la façon dont il a été secondé par notre excellent équipage, à leur hardiesse, à leur courageuse ténacité, que ces onze naufragés doivent leur salut.

Mais ils le doivent aussi à l'excellence de l'instrument du sauvetage, à notre canot à moteurs. Car il est certain que les efforts de l'équipage d'un canot à rames, opérant dans de tels brisants par si grand vent et si grand froid, n'auraient pu atteindre à un résultat aussi complet.


(Source : gallica.bnf.fr / BnF )

Le naufrage de René

Annales du Sauvetage Maritime – 4e Trimestre 1879

LE NAUFRAGE DE RENÉ


Andreas Achenbach - Sur la côte (1889) - (picryl.com)

Calais, 13 novembre.

La goélette française de 70 tonneaux, René, de Nantes, capitaine Ordronneau, ayant quatre hommes d'équipage, s'est mise à la côte vers 6 heures 30 du matin, dans l'est du port. En raison de l'état de la brise et de la position dans laquelle se trouvait ce navire, on reconnut qu'il lui serait impossible de se relever. Toutefois, sur l'ordre de M. Paul Devot, président de la Société humaine, l'excellent patron Delannoy et ses intrépides camarades se rendent en toute hâte à l'abri de l'est, d'où le canot est sorti, descendu sur la plage et transporté à 100 mètres sur le sable, en moins de 10 minutes; malgré la rapidité de cette manœuvre, au moment où le canot arrivait, vers 7 heures 35, à proximité du navire, celui-ci se brisait complètement et les quatre hommes qui s'étaient réfugiés dans les haubans étaient engloutis; nos braves marins, malgré l'empressement et le dévouement dont ils ont fait preuve dans cette triste circonstance, ont vu avec douleur que leurs efforts étaient déjoués et ont dû assister impuissants à ce tragique événement.


(Source : gallica.bnf.fr / BnF )

28/03/2021

La douane des Hemmes

Le Gaulois du 17 Juin 1877

LA DOUANE DES HEMMES


Claude Monet - La Cabane des douaniers à Pourville (1882) - (picryl.com)

Je vous signale une importante capture opérée par le service des douanes la nuit dernière. La plupart du temps l'arrestation des prévenus et la saisie des moyens de transport est une œuvre fort difficile à accomplir tant sur terre que par eau, car au premier cri d'alarme poussé par les fraudeurs, toute la bande abandonne la charge et s'enfuit.

Quelques douaniers de la brigade des Hemmes, village touchant Calais, se trouvant en service d'embuscade sur cette partie de la côte, aperçurent un bateau dont les manœuvres éveillèrent leur attention.

Ils étaient à peine cachés que six hommes, porteurs chacun d'un fardeau, débarquèrent et se dirigèrent, tout confiants vers l'intérieur des terres, jusqu'au moment où les douaniers leurs barrèrent le chemin. Aussitôt les contrebandiers d'abandonner leur charge et de fuir vers la mer. Ils entrèrent même dans l'eau jusqu'aux aisselles, car leur plan consistait à marcher parallèlement à la côte pour regagner la plaine sur un autre point du rivage. Mais les douaniers qui ne les perdaient pas de vue firent échouer cette tentative, et, de guerre lasse, ces hommes crurent que le mieux était encore de regagner l'embarcation.

C'est à ce moment que les douaniers les criblèrent de balles, qui, tout en les mettant dans l'impossibilité de reprendre la mer, appela l'attention des postes établis le long de la côte. En effet, un renfort ne tarda pas à arriver, et l'équipage, traqué et cerné de toutes parts, dut se rendre. A bord il n'y avait plus que le fils du patron, un enfant de dix ans, qui déclara que pendant la lutte son père avait fui vers la côte pour ne pas se constituer prisonnier.

Sur les six individus arrêtés, cinq sont de nationalité belge, le sixième est un marin des environs. Leur charge se compose de 4 à 500 kilogrammes de tabac. Ils viennent d'être écroués à la maison d'arrêt de Boulogne.

La justice ne saurait trop sévir contre ces tentatives de fraude qui sont réellement trop nombreuses sur nos frontières et portent atteinte aux ressources financières de notre pays.


(Source : retronews.fr)

Grande revue militaire

Le Gaulois du 01 Juillet 1877

GRANDE REVUE MILITAIRE

Calais, 29 juin.

Le général Clinchant, accompagné d'un brillant état-major composé, en outre, de quatre généraux commandant les subdivisions du Nord, viennent d'arriver à Calais par le train express de Lille. Ils viennent assister aux expériences de tir qui ont été inaugurées sous leurs yeux il y a environ un mois, et constater les résultats obtenus à l'aide des nouvelles batteries installées sur nos fortifications.

Une grande revue d'honneur doit avoir lieu à cette occasion dès que les expériences de tir seront achevées.

Toutes les troupes en stationnement à Calais se rendent, musique en tête, au lieu indiqué pour la grande revue.

Demain, les divers corps d'armée qui ont afflué à Calais durant tout le mois de juin se mettent en route pour rejoindre leurs subdivisions respectives : Douai, Lille, Saint-Omer. C'est sans doute à l'occasion de ces concentrations de troupes que le général Clinchant a tenu à les passer en revue.


(Source : retronews.fr)

27/03/2021

Un hôtel de Guise délabré

 Le Gaulois du 10 Septembre 1927

UN HÔTEL DE GUISE DÉLABRÉ


 
La porte d'entrée de l'hôtel de Guise en 1890 (picryl.com).
A gauche, l'immeuble où vint, en octobre 1901, Paul Léautaud, pour le décès de sa tante Fanny.

Laissera-t-on tomber en ruines l'hôtel de Guise à Calais?

Les amateurs du Vieux-Calais ne sont pas sans s'émouvoir du lamentable état de délabrement dans lequel se trouve l'ancien hôtel des ducs de Guise. Cet hôtel, qui reste un des rares vestiges de la glorieuse histoire de Calais, eut des hôtes illustres : il fut successivement habité par François Ier en 1532, par Henri II en 1558 et donné par ce dernier au duc de Guise, en reconnaissance de la reprise de Calais. Une torpille, pendant la guerre, activant les ravages des siècles, délogea les particuliers qui occupaient les bâtiments de l'hôtel et, étant donné les frais de restauration fort élevés, la ville de Calais dut renoncer à remettre en état ces petits logements.

L'altière grand'porte, classée comme monument historique, a encore grand air, entre les deux tours octogonales qui la flanquent, et vaut bien qu'on la répare. Les statues ont, depuis plusieurs siècles, quitté les niches qui surmontent l'entrée. Enfin, une vieille réclame cachant l'endroit où doivent encore se trouver les armoiries de la Maison de France détruit le pittoresque de cette porte.

 

(Source : retronews.fr)

Les Duruof et leurs sauveteurs

Le Gaulois du 03 Octobre 1874

LES DURUOF ET LEURS SAUVETEURS


Le ballon postal avec Duruof, place Saint-Pierre à Montmartre en 1870
(Photographie Nadar - gallica.bnf.fr / BnF)

Calais, 30 septembre.

M. et Mme Duruof sont arrivés à Calais en compagnie de leurs sauveteurs.

James Okley, patron du smack Grand Charge, à qui revient le premier honneur du sauvetage du Tricolore, n'est âgé que de vingt ans; Bascomb, son second, n'a que vingt-deux ans. On peut donc en toute justice leur appliquer la sublime devise : « La valeur n'attend pas le nombre des années. »

On sait que Duruof a retrouvé son Tricolore tout entier, quoique partiellement détérioré. Il en a détaché hier le fragment le plus endommagé et l'a offert au musée de Calais, où il sera conservé comme une précieuse relique.

Les fonds provenant de la souscription Calais-Saint-Pierre seront consacrés entièrement par M. et Mme Duruof à la construction du ballon la Ville-de-Calais, qui portera sur ses flancs, reliées par des emblèmes, les armes de nos deux villes. Duruof espère le terminer au plus tard dans un mois.


(Source : retronews.fr)

26/03/2021

L'affaire Blondinette

Le Gaulois du 01 Février 1877

L'AFFAIRE BLONDINETTE

Calais, mardi, 10 h. matin.

Le nommé L... avait depuis quelque temps pour maîtresse une jeune fille appelée Blondinette. Blondinette était d'une nature peu farouche et aimait les parties fines. Il y a trois semâmes, Blondinette devait faire une escapade à Boulogne; à cet effet, elle prit une voiture à Calais, et, pour détourner les soupçons de son amant jaloux, elle se fit conduire à la gare de Saint-Pierre-lès-Calais pour prendre le train.

L... ayant quelques soupçons, se rendit sur les traces de la fugitive et la rejoignit au moment où elle allait monter dans le train. L... l'obligea à revenir avec lui, la reconduisit à Calais et lui administra, en route, une vigoureuse correction. Blondinette voulut rompre toute relation; mais, pour mettre son projet à exécution, il fallait quitter Calais.

Son intention était d'aller habiter Dunkerque, mais elle resta trop longtemps à accomplir son dessein. Hier soir, L..., muni d'un revolver, franchit les deux étages de la maison où Blondinette se trouvait, chez une amie, tira sur sa maîtresse et l'atteignit au sein gauche au-dessus du cœur. Celle-ci ouvrit immédiatement la fenêtre, cria à l'assassin et s'affaissa, tandis que son amie courait chercher du secours. L... s'enfuit aussitôt et se rendit dans un café voisin, où il fut arrêté quelques instants après.

La victime a été gravement atteinte; la balle est restée au-dessus du sein gauche, entre les côtes. Les médecins doivent essayer ce matin d'extraire le projectile.

M. le procureur de la République est attendu à Calais.


(Source : retronews.fr)